Dans la maison où notre amour a voulu naître – Émile VERHAEREN

Aquarelle 1-2Dans la maison où notre amour a voulu naître,
Avec les meubles chers peuplant l’ombre et les coins,
Où nous vivons à deux, ayant pour seuls témoins
Les roses qui nous regardent par les fenêtres.

Il est des jours choisis, d’un si doux réconfort,
Et des heures d’été, si belles de silence,
Que j’arrête parfois le temps qui se balance,
Dans l’horloge de chêne, avec son disque d’or.

Alors l’heure, le jour, la nuit est si bien nôtre
Que le bonheur qui nous frôle n’entend plus rien,
Sinon les battements de ton cœur et du mien
Qu’une étreinte soudaine approche l’un de l’autre.

Émile VERHAEREN   (1855-1916)

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