L’irréel

ombrelle - l'irel

Continents à la dérive
Qui m’aime me suive
Gouffres avides
Tendez-moi la main

Rêves et ravins
Règlent nos moulins
Calent nos chagrins

Le temps écrit sa musique
Sur des portées disparues
Et l’orchestre aura beau faire pénitence

Un jour j’irai vers l’irréel
Tester le matériel
Voir à quoi s’adonne
La madone

Un jour j’irai vers une ombrelle
Y seras-tu ?
Y seras-tu ?
Y seras-tu ?

Continents à la dérive
Une vague idée me guide
C’est l’heure où je me glisse
Dans les interstices
À l’article de l’amour
Je redeviendrai l’enfant terrible
Que tu aimais

Un jour j’irai vers l’irréel
Un jour j’irai vers une ombrelle
Y seras-tu ?
Y seras-tu ?
Y seras-tu ?
Y seras-tu ?

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Sur le retour d’Hélène à Paris – Pierre de MARBEUF

femme papillon 2

L’Amour de mes pensées, comme de son pinceau,
Vous peint à mon esprit, si je clos ma paupière
Je vous vois en dormant, si je suis sans lumière,
Pour m’éclairer de nuit vous êtes mon flambeau.

Si je suis sur la terre, ou si je suis sur l’eau,
Vous me suivez sur terre, et dessus la rivière :
Car je vous vois toujours et devant et derrière,
La croupe du cheval, la poupe du bateau.

Encor que de mon corps le vôtre soit absent,
A mon esprit toujours votre corps est présent
Concevez-vous cela ma divine maîtresse.

Si pénétrer les corps par son agilité
Est la propre action de la divinité,
L’amour m’avait bien dit que vous étiez déesse.

Pierre de MARBEUF  – 1596-1645

Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ? – François COPPÉE

Amy Judd
Amy Judd

Le soir, au coin du feu, j’ai pensé bien des fois
À la mort d’un oiseau, quelque part, dans les bois.
Pendant les tristes jours de l’hiver monotone,
Les pauvres nids déserts, les nids qu’on abandonne,
Se balancent au vent sur un ciel gris de fer.
Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l’hiver !
Pourtant, lorsque viendra le temps des violettes,
Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes
Dans le gazon d’avril, où nous irons courir.
Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ?

François COPPÉE — 1842-1908